En prenant une photo on peut avoir une copie plus ou moins exacte de ce que l’on voit. J’ai par habitude, avec une légère inconscience, de ne pas totalement respecter le réel, de vouloir aller plus loin dans sa représentation. Dans ma pratique, j’ai tendance à déformer, modeler, à faire baver tout en gardant des sujets figuratifs. J’expérimente beaucoup en utilisant, par exemple, des procédés typiques des photographies de publicité des années 80. Par le biais de filtres, la lumière crée des formes qui se superposent à la photo, elles deviennent un élément de composition. J’essaye d’avoir le contrôle tout en expérimentant.

Je suis obsédée par les mélanges, les paradoxes et l’ambiguïté. J’aime le beau, j’aime le moche. J’enlaidis le beau, j’embellis le moche. J’aime autant intégrer les poubelles de la rue que des bijoux en strass dans mes photos. Je photographie le réel, je souhaite montrer les choses tels qu’elles sont mais j’aime aussi y intégrer des mises en scène. Des choses sont fausses, d’autres sont vraies. 

Photographies numériques, formats variables.