Noise n Roll, Inox, cuivre, colle bi-composante, hauts parleurs, amplificateur

À travers l’espace, les vibrations résonnent. De re en ré, la mise en abîme se créée. Dans cette sphère, rémanence, répétition et transformation se succèdent.

Cette pièce questionne les liens étroits entre musique, son, et mémoire. Elle évoque aussi une certaine intériorité, un renfermement, un repli sur soi. Elle semble être une tête pensante qui grouille de pensées imperceptibles. Elle fait constamment un pas en arrière en se rappelant les sons de sa conception.
Je m’intéresse particulièrement à la vie des sons électroniques, à toute forme de transition, au passage du bruit, et à la musicalité. Il s’agit de manipuler les sons, de les rendre vivants (par la matérialisation ou pas), de les modifier jusqu’à ce qu’ils deviennent destructeurs, voire autodestructeurs. Ce que je trouve captivant c’est que ces sonorités sont le dialogue des machines, je retrouve un aspect vivant dans les sons, j’ai la sensation qu’ils peuvent donner vie aux objets. Mon travail est peut-être comme une tentative de personnification des objets. Je ressens le besoin de comprendre ce qu’il se passe dans nos objets électroniques, parce que ça me fait peur. Je suis proche de la culture industrielle dans la musique, les groupes d’indus se servent d’un fonctionnement néfaste de la société et essaient d’en tirer quelque chose de bien. Et c’est là tout l’enjeu de la création artistique selon moi. S’exaspérer de notre évolution et réutiliser ce qui est nuisible pour le transformer, trouver un corps et le faire parler. Chaque objet a une histoire, et des choses à raconter. Ce que j’essaie de faire c’est de les rendre vivants. Je n’ai pas l’impression de leur parler, mais plutôt que ce sont eux qui me parlent.

Inox, cuivre, colle bi-composante, hauts parleurs, amplificateur

Graphite sur papier; A2